9 Août 2020

L’art du compromis

A la mi-ombre de l’ancien bief asséché, bordé de haies salvatrices, le Lycope d’Europe s’étiole un peu vers la lumière et déploie des tiges fragiles. Mais enraciné dans la terre encore fraîche, il nous éclabousse de sa silhouette intacte à la chlorophylle vibrante, épargnée par la morsure de la sécheresse (Lycopus europaeus, Lamiacées).

4 Août 2020

Sécheresse

Dans la futaie brûlée de soleil, la fin de l’été est déjà là. Même les ronces font grise mine. La houlque laineuse secoue ses têtes blondes et flamboyantes parmi les carex qui apportent encore une touche de vert, mais un vert sombre et tranchant (Holcus lanatus, Poacées).

30 Juillet 2020

Oasis temporel

Tout au bord de l’eau, là où la rivière s’écoule encore faiblement, la lumière semble venir d’un autre temps, celui du printemps et de sa fréquence si particulière, à la fois douce et tonifiante. Le Myosotis des marais n’a rien à craindre, pour l’instant, de ce soleil mordant qui se pacifie au contact de l’eau. Mais il est en sursis dans cet oasis. Encore quelques centimètres d’eau en moins et il pourrait lui en cuire (Myosotis palustris, Boraginacées).

28 Juillet 2020

La Grande Berce

Toujours dans la série des plantes qui se sortent un peu mieux que les autres en cet été exceptionnellement sec, même si elle n’est pas à l’aise avec l’aridité, la Grande Berce nous ravit de ses gigantesques ombelles d’ombellules qui rayonnent au soleil couchant. Il semblerait que tout soit comestible ou presque dans cette plante commune chez nous, mais le temps est loin où l’on accommodait les viandes avec ses jeunes pousses cuites, ou les sauces avec ses graines. Savourons tout de même le graphisme de ses immenses et solides hampes florales (Heracleum spondylium, Apiacées).

24 Juillet 2020

Qui veut aller loin…

La sécheresse est écrasante et pas même le moindre orage pour grappiller un peu d’eau. Les plantes sont exsangues et certaines s’éteignent, achevant un peu plus tôt leur confection de graines. Dans ce petit monde désolé et grillé, ceux qui ont épargné s’en sortent néanmoins. La vie continue pour les bisannuelles, celles qui ont emmagasiné l’an passé des réserves et de l’eau dans leur racines charnues : la carotte sauvage nous réjouit encore de ses feuilles vertes sombres et de ses belles ombelles. Et surtout le panais sauvage, qui fait le fier dans la prairie sèche dévastée. Il fait figure d’extra-terrestre avec ses tiges gorgées d’eau et ses belles ombelles jaunes. Mais attention aux brûlures! Le panais sauvage, comme le cultivé dans une moindre mesure, provoque chez celui qui s’y frotte, des brulures intenses pouvant survenir bien après le contact. Contentons nous de l’admirer! (Pastanicum sativum sylvestris, Apiacées).

19 Juillet 2020

Une guerrière azurée

Je l’attendais depuis un peu moins d’un an et la voilà dans toute sa splendeur, cette championne de la frugalité, se pavanant déjà depuis quelques semaines sur le bord des routes. Pas d’eau ou presque, peu de terre, un soleil écrasant et malgré tout cela, elle nous donne à contempler ses merveilleuses fleurs d’un bleu rare et délicat, comme de petits miracles naissants sur des tiges rêches, sombres et tortueuses… Mais attention, le soir elle reprend ce qu’elle a donné, refermant ses capitules comme pour soustraire sa beauté aux prédateurs. Comment deviner en là voyant, cette chicorée sauvage, qu’elle est l’ancêtre de nos endives! (Cichorium intybus, Astéracées).

13 Juillet 2020

L’eau, c’est la vie…

Alors que beaucoup de plantes souffrent, en ce mois de juillet si sec, celles du bord de l’étang tirent encore leur épingle du jeu. La belle Lysimaque commune porte haut ses fleurs, indifférente à la guerre de l’eau qui se joue à quelques mètres à peine (Lysimachia vulgaris, Primulacées).

9 Juillet 2020

Une élégante et discrète orchidée

A la mi-ombre, l’Epipactis à grande feuille déploie sa hampe florale, promesse de festin pour tous. Elle n’est pas si exigeante que beaucoup de ses cousines, qui ont sélectionné leur pollinisateur et offre avec générosité son nectar dans son labelle en coupe. Elle n’est pas non plus très colorée, avec ses petites fleurs vertes teintées de rose pale, mais d’une grande élégance. Quand viendra l’automne et que ses feuilles seront mortes, elle continuera de porter la lumière, même au coeur de l’hiver (Epipactis helleborine, Orchidacées).

5 Juillet 2020

Mais quelle salade!

Vous chercherez sans doute longtemps une ressemblance entre les tendres feuilles qui accompagnent le fromage et cette sauvage aux feuilles cartonnées et piquantes. On se demande un peu ce qui a donné envie un jour à l’homme de manger cela, hors le fait qu’elle semble pousser en abondance, même dans les sols les plus pauvres et on saluera au passage l’adresse déployée les obtenteurs pour la transformer en quelque chose d’appétissant. Quoiqu’il en soit, la laitue sauvage possède au moins un autre atout que n’a pas notre salade, celui de capturer la douce lumière du soir dans ses filets de nervures apparentes (Lactuca virosa, Astéracées).

27 Juin 2020

Une belle sauvage au jardin

Au jardin, une belle montagnarde supporte courageusement l’air de la plaine et nous ravit de ces fleurs vaporeuses vibrant au moindre souffle. La Grande Astrance se pare, à la mi-ombre, des éclats de soleil que lui saupoudrent les frondaisons (Astrantia major, Apiacées).