29 janvier 2023

Etrange mais pas si rare, le blob!

La lumière n’était pas au rendez vous et la photo n’est pas très nette, mais je me devais de partager mon étrange rencontre du jour. Quel est ce dentelier qui dessine des résilles dorées sur ce vieux bois pourri? Ni plante, ni animal, ni champignon, cet être vivant étrange n’est composé que d’une seule cellule qui se déplace en formant des réseaux en quête de nourriture. Le couper en mille morceaux ne fera que donner mille autre blob; ni le froid ni le sec ne l’arrête (tout au plus se met-t-il en état de pause). Fort heureusement, il ne cherche pour pitance que bactéries et champignons. Il ne s’expose que rarement à la lumière, c’est pourquoi vous ne l’avez peut être jamais vu, mais il vit chez nous, comme partout ailleurs dans le monde! Si vous voulez en savoir plus sur le blob, vous pouvez suivre ce lien de l’Office National des Forêts : https://www.onf.fr/vivre-la-foret/+/131a::un-etrange-organisme-que-lon-peut-rencontrer-en-foret-le-blob.html (Physarum polycephalum, Myxomycètes).

2023 ?

Encore 365 jours pour s’émerveiller !

Alors partez en promenade et ouvrez grand les yeux sur la beauté du monde végétal. Et surtout, ralentissez! Prenez le temps de vous laisser surprendre et envouter…

Que cette nouvelle année vous soit douce et sereine

dans la nature….

comme au jardin !

18 Décembre 2022

Plaisir égoïste…

Quand on y pense… divaguer au petit matin dans la campagne figée par ce gel largement en dessous de zéro, n’est ce pas pactiser avec l’ennemi? Ne suis je pas là que pour capturer quelques témoignages du froid à l’ouvrage et de son cortège de cadavres? Et pourtant, quel bonheur de découvrir ces courbes de cristaux ourlant les dernières feuilles et ces dessins dans la glace qui recouvre l’étang. Le soleil, complice, éclaire la scène de crime, la privant de toute révolte. Pourquoi suis je là comme un enfant les mains dans un bonbonnière. La faute à cette lumière de retour après une longue absence? La faute aussi peut être au monde végétal, qui sait mieux qu’un autre être magnifique dans l’adversité et jusque dans la mort. (Cephalenthera, Orchidacées).

11 Décembre 2022

On a fini de rigoler…

Cette fois ci, c’est du sérieux et ça se voit. En une nuit, la glycine a fini par lâcher toutes ses feuilles, comme pour étaler une couverture à ses pieds. A la mangeoire, s’aventurent ceux qui répugnent habituellement à la proximité des hommes. Casse-noyaux et pics épeiches daignent se joindre aux petits passereaux pour leur part de tournesol, poussés par l’urgence calorique. Les plantes, chacune à leur façon, encaissent l’attaque foudroyante du gel. D’aucunes se pâment et courbent l’échine, comme mortes, d’autres arborent sans sembler sourciller leur parure de cristaux comme l’Origan. Pour la plupart, ce ne sera qu’une courte pause de plus. Tout est rodé, tout est merveilleusement prévu. Dans nos pays qu’on dit pourtant tempérés, la vie s’est si bien adaptée à ses conditions de vie contrastées, qu’on ne salue même plus la performance. Et pourtant, qui d’entre nous résisterait à ça, s’il était planté là dehors aujourd’hui? (Origanum vulgare aureum, Lamiacées).

24 Novembre 2022

Regarder la pluie autrement

Quelques jours de mauvais temps sur des journées sombres et voilà qu’on flanche, qu’on se plaint, qu’on invoque déjà les beaux jours. A l’approche de l’hiver, le seul salut est de voir les choses autrement, d’ouvrir les yeux sur cette merveille qu’est la pluie. Les plantes, discrètement, lentement, tendent quelques nouvelles poussent gorgées d’antigel, prêtes à profiter du moindre redoux. Le Coenanthe est même en fleurs. Pluie et brouillard ont accroché à toutes choses, vivantes ou mortes, des milliers de gouttelettes scintillantes. Les fleurs de romarin égrènent des reflets lilas et le délicat fenouil est en habit de fête . Il y a toujours quelque chose à admirer lorsque l’on prend le temps de regarder (Foeniculum vulgare purpureum., Apiacées).

16 Novembre 2022

Eclats de silice

Alors que partout s’efface la transparence, les Carex penchés sur l’eau se jouent toujours de la lumière de la même mystérieuse façon. Comme gainés de quelque champ de force inconnu, ils semblent capturer dans leurs coussins échevelés le moindre éclat de soleil, rayonnant en d’infinis rebondissements dans ce piège de silice (Carex sp., Cypéracées).

1er Novembre 2022

Sale temps pour le Crache-sang…

En montant, en descendant, rien à faire, plus rien à se mettre sous la dent sur cette tige de gaillet desséchée. Et pour le Crache-sang, c’est une très grande contrariété, lui qui ne se nourrit que de gaillet… De l’inconvénient d’être aussi difficile à table! Malgré son nom guerrier, c’est pourtant un placide coléoptère, qui ne peut même pas voler, et qui va faire le mort s’il est dérangé, ou laisser sortir de ses articulations un liquide orangé sensé repousser les prédateurs (d’où son nom macabre). Il serait en régression dans nos campagnes, victimes de fauches trop intensives des talus, des lisières et fossés où il peut normalement se nourrir et accomplir son cycle de vie. (Timarcha tenebricosa, Chrysomelidae).

19 Octobre 2022

Une fois pour toute…

ceci n’est pas un roseau! L’illustrateur de nos fables d’enfance avait décidément peu d’affinité avec le monde végétal… Ou bien était il rebuté par les plumeaux vaporeux du roseau, pour lui préférer la quenouille rebondie de cette belle semi-aquatique? Oubliez définitivement le Chêne et le roseau, car ceci est une Massette à larges feuilles, de la petite famille des Typhacées! Quoiqu’il en soit, vous avez devant vous une véritable bombe sous pression qui remettra bientôt au vent des centaines de graines, jaillissant soudainement comme propulsées d’une invisible poche à douille (Typha latifolia, Typhacées).

8 Octobre 2022

Morituri te salutant

Les fleurs de l’Automne ont ce je ne sais quoi de magnifique et de désespéré que souligne une chiche lumière dorée. Comme une illusion de fleur que peu d’insectes visitent, comme un signal tendu dans le vide, mais aussi comme une leçon de persévérance. En exil, loin de son Mexique d’origine, le Cosmos sulfureux se moque encore pour un temps de nos froides nuits d’Octobre (Cosmos sulphureus, Astéracées).