11 Décembre 2021

Des millions de fans et pourtant ingognito…

Il reste encore quelques volants dorés à ma jupe froissée, qui bientôt porteront mes dernières graines au gré du vent. Au milieu des haies défeuillées, la lumière qui traverse mes inflorescences desséchées trahit mieux ma présence au promeneur pressé, que mes lianes pourtant exubérantes. Venue d’Asie centrale il y a fort longtemps et échappée des cultures, j’ai pris le maquis le long des rivières, me hissant parmi les saules, les aulnes et les épines, à travers l’Europe. Pendant ce temps, de plante comestible pour ses jeunes feuilles et tiges, je suis devenue plante aromatique très prisée, lorsqu’on m’a découvert du talent pour parfumer la bière. Et c’est justement sous ma jupe que vous pourrez voir les précieux grains jaune de lupuline, qui m’ont donné tant de renom. Et pourtant, qui, parmi tous ces buveurs de cervoise, saurait me reconnaître, moi, le Houblon? (Humulus lupulina, Cannabacées).

14 Novembre 2020

Archives

Année 2020, puisque brouillard, nuages et pluie semblent durablement éteindre la vie qui pourtant continue à bas bruit. Une archive qui nous parle de la transmission coûte que coûte, d’ultimes tentatives de production de graines, des fleurs de novembre qui semblent greffées sur des tiges sans vie, sorcellerie dont seuls sont capables les végétaux (Jacobaea vulgaris, Astéracées).

1er Novembre 2021

Beaux restes

Les souvenirs de vie gagnent chaque jour en nombre alors que la pluie et le vent effacent les couleurs de ce paysage d’automne en recul. Mais voilà qu’un rayon de soleil apparait et s’accroche aux hampes florales desséchées de l’Eupatoire chanvrine, comme un encouragement, lui donnant fugacement une nouvelle et belle présence. Il est temps de se motiver pour passer l’hiver et rêver au prochain renouveau. Finalement, dans seulement un mois et demi, les jours arrêtent de raccourcir! Alors patience… (Eupatorium cannabinum, Astéracées).

27 Octobre 2021

Beauté fatale

Evidemment, il ne faudrait même pas la donner à regarder, mais comment l’ignorer…. Robuste, très résistante au froid, drageonnante et surtout magnifique, en particulier à l’automne… encore une beauté fatale à qui profite l’exil. Les noms ne manquent pas pour cette exotique importée massivement d’Amérique du Nord dans nos parcs et jardins, dès le 17ème siècle : sumac amaranthe, sumac à bois poilu, vinaigrier, sumac de Virginie ou sumac à queues de renard…. Oui mais voilà, une fois en place, plus moyen de s’en débarrasser, une vraie machine de guerre… et la voilà partie à l’assaut des milieux naturels par ses milliers de graines, croissant rapidement en nappes incontrôlables, au détriment de notre flore indigène là où elle s’installe. Elle est maintenant interdite à la vente et à la plantation dans plusieurs pays d’Europe, mais c’est un peu tard… (Rhus typhina, Anacardiacées).

24 Octobre 2021

Ca passe encore pour cette fois ci!

Première gelée au petit matin et la Linaire commune garde la tête haute. Elle continue de faire de l’oeil aux bourdons de ses étranges fleurs fermées et bicolores. Poids lourds chez les butineurs, il suffira à ces derniers d’appuyer sur le « poussoir orange », promesse de nectar, pour déformer la fleur et s’y introduire. Au fil de l’évolution, la Linaire a investi dans pollinisateurs les plus costauds et aussi les moins frileux, ce qui lui permet d’être fécondée même lorsque les journées sont froides (Linaria vulgaris, Scrophulariacées).

16 Octobre 2021

Couleurs chaudes pour journées froides

Chez les vivaces, chacun son rythme, chacun sa stratégie. Alors que nombres d’entre elles continuent à fleurir tant bien que mal, jusqu’à être saisies par le gel, c’est déjà le repli vers le sol ou sous terre pour d’autres, comme l’Origan. Après les nuées de fleurs mauves qu’il nous a offertes cet été, c’est maintenant un salut discret mais chaleureux qu’il nous envoie, apportant sa petite touche au grand flamboiement qui s’annonce. Sans conteste, les plantes « savent » mourir avec classe… et pas nous! (Origanum vulgare, Lamiacées).