11 Décembre 2022

On a fini de rigoler…

Cette fois ci, c’est du sérieux et ça se voit. En une nuit, la glycine a fini par lâcher toutes ses feuilles, comme pour étaler une couverture à ses pieds. A la mangeoire, s’aventurent ceux qui répugnent habituellement à la proximité des hommes. Casse-noyaux et pics épeiches daignent se joindre aux petits passereaux pour leur part de tournesol, poussés par l’urgence calorique. Les plantes, chacune à leur façon, encaissent l’attaque foudroyante du gel. D’aucunes se pâment et courbent l’échine, comme mortes, d’autres arborent sans sembler sourciller leur parure de cristaux comme l’Origan. Pour la plupart, ce ne sera qu’une courte pause de plus. Tout est rodé, tout est merveilleusement prévu. Dans nos pays qu’on dit pourtant tempérés, la vie s’est si bien adaptée à ses conditions de vie contrastées, qu’on ne salue même plus la performance. Et pourtant, qui d’entre nous résisterait à ça, s’il était planté là dehors aujourd’hui? (Origanum vulgare aureum, Lamiacées).

16 Mai 2022

Nul n’est parfait

Au classement des plantes photogéniques, l’Epiaire des bois n’est pas à la traîne. En feuilles, en fleurs, elle joue si bien de la lumière qu’elle parait habitée d’une énergie propre. Semblant fragile, toute en mollesse et si douce au toucher, elle supporte pourtant sans faillir la chaleur écrasante de ce mordant mois de mai. Vous la verrez de loin, comme un nuage rose et argent accroché aux stricts joncs ou flottant sur les jeunes ronces. Le hic, car il y a un hic, c’est son odeur. Gardez vous de vous la piétiner lors d’une promenade en forêt, car elle vous laissera un souvenir olfactif peu agréable. Cela lui doit le surnom peu flatteur d’Ortie puante, qui sied si peu à sa beauté (Stachys sylvatica, Lamiacées).

16 Octobre 2021

Couleurs chaudes pour journées froides

Chez les vivaces, chacun son rythme, chacun sa stratégie. Alors que nombres d’entre elles continuent à fleurir tant bien que mal, jusqu’à être saisies par le gel, c’est déjà le repli vers le sol ou sous terre pour d’autres, comme l’Origan. Après les nuées de fleurs mauves qu’il nous a offertes cet été, c’est maintenant un salut discret mais chaleureux qu’il nous envoie, apportant sa petite touche au grand flamboiement qui s’annonce. Sans conteste, les plantes “savent” mourir avec classe… et pas nous! (Origanum vulgare, Lamiacées).

26 Septembre 2021

“Coups tordus” chez les Clinopodes

On ne peut guère manquer, dans la prairie, les drôles de silhouettes du Clinopode (ou Sariette commune). Comme une troupe de saltimbanques montés les uns sur les autres pour dominer les graminées et lancer dans le vent la génération future. Si grandir dans les herbes folles, qui se couchent et se dérobent, n’est pas un long fleuve tranquille, l’échafaudage est plus solide qu’il n’y parait et les équilibristes ont gardé la tête haute, malgré les coups tordus! (Clinopodium vulgare, Lamiacées)

1er Juillet 2021

Les estivales

Faisant fi du temps peu clément, les estivales prennent le relais des printanières, pour le petit monde des butineurs. Vipérines, Aigremoines, Gesses, Cirses colorient bords de chemin et prairies. Plus discret, l’origan offre bientôt, malgré les trombes d’eau, des fleurs par centaines aux papillons et abeilles sauvages (Origanum vulgare, Lamiacées).

28 Octobre 2020

Guirlandes de perles

La Sauge des bois, ou Germandrée scorodoine, a rempli son contrat et déjà jeté à terre la promesse de générations futures. Mais, avec la complicité du soleil, elle va continuer toute la mauvaise saison à illuminer la futaie de centaines de petits lampions dorés (Teucrium scorodonia, Lamiacées).

18 Octobre 2020

Qu’est l’automne sans le soleil?

Tout était morne et froid. La pluie était arrivée trop tard, comme pour un enterrement. Mais un brin de soleil suffit pour que la nature jette ses derniers feux avant l’hiver. Même flétries, quasi mortes, les lysimaques jouent avec les éclats de lumière zigzaguant dans les carex. (Lysimaquia vulgaris, Primulacées).

10 Octobre 2020

Regain?

Enfin la pluie, depuis deux semaines, regonflant les rivières et abreuvant la terre. Pour certaines plantes, ce sera trop tard pour cette année. D’autres, pourtant meurtries, flétries, nécrosées, repartent dans la course aux graines, vaille que vaille. La menthe aquatique, à nouveau à demi immergée, prépare encore une volée de semences, caressée par la douce lumière automnale (Mentha aquatica, Lamiacées).

12 Septembre 2020

Histoire d’eau

Au plus près de l’eau, la Menthe aquatique nous offre encore ses belles fleurs mauves, alors qu’à quelques décimètres à peine, elle a déjà entamée son repli, comme en témoignent ses élégantes feuilles rosissantes, bientôt flétries (Mentha aquatica, Lamiacées).