25 Novembre 2020

La Dame de Fer

Qui ne connait pas ces grandes silhouettes bardées d’épines de pied en cap, agitant dans le vent, jusqu’au cœur de l’hiver, leurs têtes bien gardées!
La Cardère sauvage n’est que défense et rugosité mais aussi courbes et élégance. En été, ses inflorescences comme des brosses, se parent d’une pâle couronne de fleurs mauve, douces et graciles, visitées par des bourdons kamikazes. Après la pluie, on dit que les oiseaux viennent s’abreuver aux gouttes prisonnières de ses feuilles soudées à la tige, d’où son joli nom de Cabaret des Oiseaux. A l’automne, tandis que ses feuilles desséchées dessinent des cœurs à l’envie, ses inflorescences se figent en pointes redoutables, rehaussées de volutes défensives captant la lumière. En hiver, lorsque presque tout est déstructuré, elle reste une présence donnant l’illusion de la vie et, de surcroît, nourrit les passereaux. La prochaine fois que vous la verrez, arrêtez vous un peu et admirez, d’aussi près qu’elle vous le permettra, cette belle Dame de Fer (Dipsacus fullonum, Dipsacées).

22 Novembre 2020

Vaillante Aubépine

En cet Automne bien avancé, et alors que les autres arbres et arbustes s’effacent petit à petit en perdant leurs feuilles, l’Aubépine ne passe pas inaperçue, couverte de baies d’un beau rouge sombre, s’illuminant au soleil couchant. Elle paye pourtant chère sa place au soleil, dans les haies et lisières, régulièrement démantelée par l’élagage mécanique. Mais l’Aubépine est une coriace qui nous ravit chaque année de son opulente et blanche floraison printanière, promesse de repas hivernaux pour les oiseaux (Crataegus monogyna, Rosacées).

19 Novembre 2020

Abstraction

Quand la lumière prend le pouvoir, il n’y a plus rien à expliquer. L’eau n’est plus liquide, l’air n’est plus invisible, les plantes ne sont plus des plantes. Il ne reste qu’un élan, une vibration, une force qui s’empare de l’image et y inscrit sa présence, liant toute chose dans un instantané d’énergie.

15 Novembre 2020

Morte saison?

Oui, les arbres s’endorment petit à petit, les fleurs d’été ne sont plus que l’ombre d’elle même, les herbes sèches s’affaissent, les couleurs s’effacent… Mais la vie pourtant progresse, discrètement mais sûrement. Sur les chemins, les mousses reprennent place, disputant chaque millimètre carré aux jeunes plantules de graminées, de draves, de trèfles. Dans les prairies, la moindre parcelle de terre nue se couvre de minuscules fleurs en devenir…. Il faut profiter de l’eau ou prendre place pour le prochain élan du printemps. et vite! tant que le froid ne met pas encore tout le monde au repos.

7 Novembre 2020

Tant que je gagne, je joue!

Pour les coriaces, les guerrières, c’est toujours le moment de produire des graines. Le temps relativement clément et la pluie donne un second élan à celles que l’été mordant n’a pas complètement tuées. Vaille que vaille, elles joignent de petites touches de couleur et de vie aux grands à- plats d’or et de carmin des arbres se déshabillant.

Chicorée
Centaurée jacée
Vipérine
Picride fausse Epervière

31 Octobre 2020

Après la pluie, les champignons…

Fragiles témoins de l’extraordinaire travail s’accomplissant dans le bois mort, ces délicats carpophores qui n’auront vécu que quelques heures pour disséminer leurs spores sont promesses d’humus bientôt rendu au cycle de vie… et de gros soucis de santé s’il vous venait à l’idée d’y gouter (Coprinus plicatilis, Psathyrellaceae).

28 Octobre 2020

Guirlandes de perles

La Sauge des bois, ou Germandrée scorodoine, a rempli son contrat et déjà jeté à terre la promesse de générations futures. Mais, avec la complicité du soleil, elle va continuer toute la mauvaise saison à illuminer la futaie de centaines de petits lampions dorés (Teucrium scorodonia, Lamiacées).

25 Octobre 2020

Couleurs chaudes

Dans cette timide symphonie d’automne, aux acteurs malmenés, l’incontournable Cornouiller sanguin joue son morceau de bravoure. Du rose pale au rouge profond, il se révèle enfin, après toute une saison passée dans l’anonymat à discrètement envahir les lisières, malgré la sécheresse (Cornus sanguinea, Cornacées).

18 Octobre 2020

Qu’est l’automne sans le soleil?

Tout était morne et froid. La pluie était arrivée trop tard, comme pour un enterrement. Mais un brin de soleil suffit pour que la nature jette ses derniers feux avant l’hiver. Même flétries, quasi mortes, les lysimaques jouent avec les éclats de lumière zigzaguant dans les carex. (Lysimaquia vulgaris, Primulacées).

10 Octobre 2020

Regain?

Enfin la pluie, depuis deux semaines, regonflant les rivières et abreuvant la terre. Pour certaines plantes, ce sera trop tard pour cette année. D’autres, pourtant meurtries, flétries, nécrosées, repartent dans la course aux graines, vaille que vaille. La menthe aquatique, à nouveau à demi immergée, prépare encore une volée de semences, caressée par la douce lumière automnale (Mentha aquatica, Lamiacées).