Ce matin d’avril, c’est cadeau! Rosée, soleil et nature qui s’élance, le printemps semble enfin généreux. A peine sortie des touffes d’herbes tendres, le frêle Millepertuis élégant me fait de l’oeil, tout nimbé de rosée et hissant ses chaudes couleurs. Je ne pouvais pas rater ce rendez-vous annuel! (Hypericum pulchrum, Clusiacées).
Quelques jours de mauvais temps sur des journées sombres et voilà qu’on flanche, qu’on se plaint, qu’on invoque déjà les beaux jours. A l’approche de l’hiver, le seul salut est de voir les choses autrement, d’ouvrir les yeux sur cette merveille qu’est la pluie. Les plantes, discrètement, lentement, tendent quelques nouvelles poussent gorgées d’antigel, prêtes à profiter du moindre redoux. Le Coenanthe est même en fleurs. Pluie et brouillard ont accroché à toutes choses, vivantes ou mortes, des milliers de gouttelettes scintillantes. Les fleurs de romarin égrènent des reflets lilas et le délicat fenouil est en habit de fête . Il y a toujours quelque chose à admirer lorsque l’on prend le temps de regarder (Foeniculum vulgare purpureum., Apiacées).
Un peu de pluie, l’eau qui remonte un peu dans la rivière, des nuits fraîches, c’est suffisant pour l’herbe tout au bord de la rive pour renaître. La rosée, dans ce tout petit carré de verdure isolé, y diffuse comme un souvenir de printemps.