Tremblez, allergiques de nos contrées! Voilà que la Fléole s’apprête à fleurir! Elle est pourtant bien jolie, cette petite Queue-de-Rat et bien appréciée des ruminants de tous poils. Oui mais voilà, les hommes semblent bien trop sensibles à son pollen (Phleum pratense, Poacées).
Un nuage gris deci delà ponctue les haies et dénonce les prunelliers préparant leur floraison, de petites flammes colorées s’égrènent sur les lianes du camerisier, quelques bourgeons éclosent aux branches des aubépines, les gaillets s’étalent sur les talus, les saules offrent leur pollen aux moins frileux des butineurs… déjà trop de trésors rapportés de promenade pour décider lequel vous donner à voir! Les jeunes feuilles de la Viorne lantane, qu’on croirait en papier buvard? Les fleurs de Petite Pervenche qui transforment les sous-bois? Les chatons de saules me font de l’oeil, et je me laisse convaincre (Salix purpurea, Salicacées).
Soleil du matin dans la clairière qui dissout le givre. Quelques jeunes brins d’herbe vibrant d’une lumière printanière balayent en un instant la beauté discrète de l’hiver et ses demies teintes. Le cœur léger, je me souviens aujourd’hui combien cette lumière m’avait manqué, celle de la vie qui revient (Poacées).
Les mois d’Août se suivent et ne se ressemblent pas… Après d’interminables jours maussades et pluvieux, le premier rayon de soleil fait vibrer la clairière d’une douce lumière printanière. Le sol est comme une éponge et l’herbe est « grasse » au possible. Le discret mais tenace Pâturin des prés trône dans les allées forestières, où ses cousines plus exubérantes, lui laissent la place (Poa pratensis, Poacées).
Dans la futaie brûlée de soleil, la fin de l’été est déjà là. Même les ronces font grise mine. La houlque laineuse secoue ses têtes blondes et flamboyantes parmi les carex qui apportent encore une touche de vert, mais un vert sombre et tranchant (Holcus lanatus, Poacées).