23 Avril 2025

Entre les gouttes et les nuages…

… quelques maigres rais de soleil viennent réveiller les gaillets. Ils semblent alors s’animer en d’envoutants ballets sous la caresse du vent. La lumière rebondit de verticille en verticille, et s’éparpille sur leurs tiges quadrangulaires, faisant de ces plantes graciles les stars du moment (Galium mollugo, Rubiacées).

11 Avril 2025

Je l’attendais

et il est là, à nouveau paré de couleurs, cet arbre qui porte bien son nom de « roi », avec ses jeunes feuilles en dégradé d’oranges et de rouges éclatant au soleil couchant et ses chatons étranges. Il est juste là et cela suffirait! Mais en plus il nous donne des tanins pour le cuir, du bois pour les meubles et des fruits pour l’hiver. Aujourd’hui, hommage au noyer et trêve de commentaires (Juglans regia, Juglandacées).

31 Mars 2025

Accélération

La machine s’emballe et il n’est plus question de citer tous les arbustes qui se parent de jeunes feuilles. Rappelons seulement les lanternes rouges qui dorment encore, du moins en apparence : chênes, noyers, frênes, érables sycomore, tilleuls à grandes feuilles sont encore nus, mais plus pour longtemps. Côté petit format, en voilà une qui n’a pas perdu de temps. J’ai cité la Viorne lantane, la reine de la double face, grise et terne à hauteur d’homme, à peine visible à la lisière des bois, et nimbée de lumière fluo vue du dessous. Un plaisir attendu et à chaque printemps renouvelé! (Viburnum lantana, Adoxacées)

6 Mars 2025

En toute discrétion

Les groseilliers sauvages font partie de ces plantes ignorées qui fleurissent déjà dans nos sous-bois, en toute discrétion. Et pourtant ces grappes de petites fleurs blanc-vert font de l’œil au promeneur comme de petits lampions s’agitant dans le soleil. Pour eux comme pour les autres habitants du sous-bois, le temps est compté avant que les géants ne leur volent toute la lumière et, si les températures sont clémentes, ils auront la visite d’abeilles solitaires comme les Andrènes fauves qui raffolent de leurs fleurs (Ribes rubrum, Glossulariaceae).

24 Novembre 2022

Regarder la pluie autrement

Quelques jours de mauvais temps sur des journées sombres et voilà qu’on flanche, qu’on se plaint, qu’on invoque déjà les beaux jours. A l’approche de l’hiver, le seul salut est de voir les choses autrement, d’ouvrir les yeux sur cette merveille qu’est la pluie. Les plantes, discrètement, lentement, tendent quelques nouvelles poussent gorgées d’antigel, prêtes à profiter du moindre redoux. Le Coenanthe est même en fleurs. Pluie et brouillard ont accroché à toutes choses, vivantes ou mortes, des milliers de gouttelettes scintillantes. Les fleurs de romarin égrènent des reflets lilas et le délicat fenouil est en habit de fête . Il y a toujours quelque chose à admirer lorsque l’on prend le temps de regarder (Foeniculum vulgare purpureum., Apiacées).

16 Novembre 2022

Eclats de silice

Alors que partout s’efface la transparence, les Carex penchés sur l’eau se jouent toujours de la lumière de la même mystérieuse façon. Comme gainés de quelque champ de force inconnu, ils semblent capturer dans leurs coussins échevelés le moindre éclat de soleil, rayonnant en d’infinis rebondissements dans ce piège de silice (Carex sp., Cypéracées).

1er Novembre 2022

Sale temps pour le Crache-sang…

En montant, en descendant, rien à faire, plus rien à se mettre sous la dent sur cette tige de gaillet desséchée. Et pour le Crache-sang, c’est une très grande contrariété, lui qui ne se nourrit que de gaillet… De l’inconvénient d’être aussi difficile à table! Malgré son nom guerrier, c’est pourtant un placide coléoptère, qui ne peut même pas voler, et qui va faire le mort s’il est dérangé, ou laisser sortir de ses articulations un liquide orangé sensé repousser les prédateurs (d’où son nom macabre). Il serait en régression dans nos campagnes, victimes de fauches trop intensives des talus, des lisières et fossés où il peut normalement se nourrir et accomplir son cycle de vie. (Timarcha tenebricosa, Chrysomelidae).

19 Octobre 2022

Une fois pour toute…

ceci n’est pas un roseau! L’illustrateur de nos fables d’enfance avait décidément peu d’affinité avec le monde végétal… Ou bien était il rebuté par les plumeaux vaporeux du roseau, pour lui préférer la quenouille rebondie de cette belle semi-aquatique? Oubliez définitivement le Chêne et le roseau, car ceci est une Massette à larges feuilles, de la petite famille des Typhacées! Quoiqu’il en soit, vous avez devant vous une véritable bombe sous pression qui remettra bientôt au vent des centaines de graines, jaillissant soudainement comme propulsées d’une invisible poche à douille (Typha latifolia, Typhacées).